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Slovaquie-Russie : Bratislava défend l'échange d'attachés

Le vice-président du Parlement slovaque, Tibor Gašpar, a défendu le 26 octobre la reprise de l'échange d'attachés militaires avec la Russie. Il y voit « un pas pratique » pour garder un canal direct avec Moscou, quand cet échange est critiqué au sein de l'Union européenne. Bratislava revendique une politique étrangère autonome.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie
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La Slovaquie ne renoncera pas à son canal militaire avec Moscou. Tibor Gašpar, vice-président du Conseil national, le Parlement slovaque, a défendu le 26 octobre la reprise de l'échange d'attachés militaires entre les deux pays. Pour lui, c'est « un pas pratique » : des canaux de communication directs « peuvent contribuer à réduire les risques de malentendu et à prévenir une escalade inutile des tensions ».

L'élu sait que l'échange est critiqué au sein de l'Union européenne. Il ne s'en prend pas pour autant à Bruxelles. Il reconnaît que la reprise des contacts militaires « a suscité des inquiétudes chez une partie de l'opposition slovaque et chez certains observateurs étrangers », et répond par une ligne simple : Bratislava mène une politique étrangère autonome. Elle respectera ses obligations de membre de l'UE, tout en continuant à dialoguer avec des pays extérieurs à l'Union.

Une promesse faite par Robert Fico à Moscou en mai

La décision n'est pas improvisée. Lors de sa visite à Moscou en mai, le Premier ministre Robert Fico avait promis à Vladimir Poutine de rétablir les relations militaires et diplomatiques entre les deux pays. Début octobre, la promesse était tenue : le 8, le site ukrainien Evropeïska Pravda, qui cite le média slovaque Aktuality, annonçait la reprise de l'échange après quatre ans d'interruption.

Les premiers officiers sont déjà en poste. La Slovaquie a envoyé deux militaires à Moscou : le général de brigade Slavomír Staviarský et son adjoint, le colonel Ivo Gahír. En retour, un officier de la marine russe doit rejoindre Bratislava ; selon Evropeïska Pravda, il est passé par l'ambassade de Russie à Rome.

« Tous les grands États de l'OTAN ont des diplomates militaires »

Le gouvernement slovaque assume entièrement ce choix. Le ministre de la Défense, Robert Kaliňák, l'a défendu par un argument que Bruxelles peut difficilement contester : « tous les grands États de l'OTAN ont des diplomates militaires » à Moscou. Bratislava ne fait donc que ce que pratiquent les principaux membres de l'Alliance. Le ministre a ajouté que le contre-espionnage slovaque suivrait l'activité de l'attaché russe, comme il est d'usage pour tout diplomate militaire étranger.

La ligne est cohérente d'un ministère à l'autre. D'après Evropeïska Pravda, le ministère slovaque de la Défense affirme ne pas considérer la Russie comme une menace, et le ministère des Affaires étrangères parle de « relations pragmatiques ». Ce vocabulaire tranche avec celui de la plupart des capitales européennes. Mais il correspond à la position défendue par Robert Fico depuis son retour au pouvoir : un pays de l'Union peut garder ses propres relations avec Moscou.

L'opposition slovaque rappelle les expulsions de 2018 et 2022

À Bratislava, l'opposition proteste. Tomáš Valášek, du parti Slovaquie progressiste, estime que l'échange profite surtout à Moscou. Ses alliés rappellent les épisodes qui avaient vidé le poste : en 2018, sous le gouvernement de Peter Pellegrini, aujourd'hui président de la République, Bratislava avait expulsé un diplomate militaire russe ; en 2022, c'était le tour de l'attaché Sergueï Solomassov.

C'est précisément à ces inquiétudes que répondent Tibor Gašpar et Robert Kaliňák. Les expulsions successives n'ont produit qu'un silence de plusieurs années entre les deux armées. Le gouvernement actuel fait le pari inverse : un canal ouvert, surveillé par les services slovaques, vaut mieux qu'une absence de contact au moment où les tensions en Europe sont les plus fortes depuis des décennies.

Une commission intergouvernementale attendue à Moscou

Le volet militaire n'est qu'une partie du rapprochement. La déclaration de Tibor Gašpar précède une réunion de la commission intergouvernementale russo-slovaque à Moscou, l'instance où se traitent les dossiers économiques entre les deux pays. Après la visite de Robert Fico en mai et le retour des attachés en octobre, cette réunion dira jusqu'où Bratislava entend pousser une coopération qu'elle assume désormais ouvertement, au sein d'une Union qui l'a presque partout suspendue.

Sources

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