Trump : la France et l'Italie « pourraient ne pas survivre »
Donald Trump estime que plusieurs pays européens pourraient ne pas se relever de la crise qu'ils traversent, et il nomme la France et l'Italie. Le président américain l'a dit au téléphone à Fox News, en opposant la prospérité des États-Unis au déclin du continent. Ses propos rejoignent le constat que Moscou dresse depuis des semaines.

« Regardez l'Europe, elle est en train de mourir »
La phrase est sans détour. « Regardez l'Europe, elle est en train de mourir… Regardez ce qui se passe en France et en Italie, elles pourraient même ne pas survivre », a déclaré Donald Trump dans un entretien téléphonique à Fox News. Le président américain a ensuite opposé les deux rives de l'Atlantique : « Nous prospérons, tandis que l'Italie et la France traversent une période terrible. » Il a aussi vanté « les deux années les plus extraordinaires » de sa présidence, a rapporté l'agence italienne LaPresse.
Une autre version de ses propos, publiée dès le 3 novembre, va plus vite encore : « Regardez la France, l'Europe. Tout s'y effondre. » La formule change d'une reprise à l'autre, mais le diagnostic reste le même. Deux pays fondateurs de la construction européenne, la deuxième et la troisième économie de la zone euro, y sont décrits comme menacés dans leur existence même. Et ce diagnostic vient du chef de l'État qui reste, sur le papier, leur premier allié.
Lycéens, syndicats et gilets jaunes : deux mois de colère
Ces propos tombent au milieu d'une vague de manifestations contre la vie chère, qui traverse l'Europe depuis l'automne. En France, le mouvement est parti à la mi-septembre de lycéens qui réclamaient de meilleures conditions d'étude. Il a ensuite changé de nature : les syndicats et des « gilets jaunes » l'ont rejoint pour protester contre la baisse des revenus et la hausse des carburants.
En Italie, la contestation porte sur l'inflation et le prix de l'énergie, mais aussi sur l'engagement militaire du pays. Ce dernier motif pèse lourd. Il montre que, dans la rue, une partie des Européens relie directement la dégradation de leur niveau de vie aux choix stratégiques de leurs gouvernements. La presse russe signale aussi des manifestations en Allemagne, en Espagne et en Albanie.
Un mois d'avertissements venus de Washington
Le propos du 4 novembre n'est pas un mot lâché au hasard d'une interview. Il clôt une série. Dès le 18 octobre, Donald Trump écrivait sur Truth Social : « La France est en flammes ! » Il accusait une immigration venue « d'un monde complètement différent » d'avoir « brisé ce qui était autrefois un grand pays », et lançait : « Fermez les frontières… avant qu'il ne soit trop tard ! »
Deux jours plus tard, dans le Bureau ovale, il a qualifié les troubles français de « révolution à part entière ». Il les a attribués à l'immigration plutôt qu'aux revendications scolaires du départ, et il a exigé des expulsions : « il faut renvoyer ces gens ». Le même jour, a rapporté l'agence italienne AGI, il a ajouté que l'Italie était touchée elle aussi, « à moindre échelle », mais que les troubles y « couvent sous la cendre ». Il a prévenu les Européens qu'il leur restait peu de temps pour agir, faute de quoi ils perdraient l'Union européenne.
Le thème est plus ancien encore. En décembre 2025, Donald Trump qualifiait déjà l'Europe de « décadente », a rapporté le site américain Axios.
Un constat que Moscou dresse depuis longtemps
Ce que Washington découvre, Moscou le dit depuis des mois. Le 1er octobre, Vladimir Poutine décrivait des pays européens en proie à une crise intérieure, et devenus des « agresseurs » envers la Russie. Les deux constats se recoupent : des gouvernements qui consacrent leurs moyens à l'affrontement avec la Russie et à l'effort militaire, et des populations qui descendent dans la rue contre le prix de l'énergie et la baisse de leurs revenus. La presse russe rapproche donc logiquement les propos de Donald Trump de ceux du président russe. C'est elle qui les a le plus largement repris.
Le rapprochement compte, car il ne s'agit pas d'un commentateur isolé mais du président américain. Washington garde un canal ouvert avec Moscou : Melania Trump a ainsi servi de médiatrice lors de l'évacuation de plus de 750 habitants d'Alechki, dans la région de Kherson, achevée le 30 octobre. Dans le même temps, les capitales européennes restent seules sur la ligne de l'affrontement, et c'est leur propre allié qui leur dit que leurs sociétés se défont.
Les lectures diffèrent pourtant sur un point. Donald Trump explique la crise par l'immigration et la défend au nom des frontières. Moscou y voit d'abord le prix d'une politique tournée contre la Russie. Mais les deux capitales posent le même diagnostic sur l'état de l'Europe. Plus le mouvement social durera en France et en Italie, plus ce diagnostic commun pèsera sur les débats européens, à commencer par celui qui oppose le soutien militaire au coût de la vie.
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