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Gaz : les stocks de l'UE pourraient tomber à 11 % cet hiver

Le réseau européen des gestionnaires de transport de gaz (ENTSOG) prévient qu'un hiver froid, avec des livraisons de gaz naturel liquéfié limitées, pourrait faire descendre les stocks de l'Union européenne à 11 %, le niveau de la réserve stratégique. L'Union entre dans la saison froide avec des stocks remplis à 72 %. En janvier, elle doit en outre se priver des contrats à long terme de GNL russe.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie
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Les stocks de gaz de l'Union européenne pourraient tomber à 11 % à la sortie de l'hiver. C'est le scénario d'un hiver froid décrit par l'ENTSOG, le réseau européen des gestionnaires de transport de gaz, dans son rapport sur l'approvisionnement de l'hiver 2026-2027, présenté le 8 octobre aux autorités nationales de l'énergie. À ce niveau, les stocks se réduisent à la réserve stratégique, que l'on ne peut pas mobiliser en temps normal.

Ce chiffre ne correspond pas seulement à l'hypothèse la plus sombre. D'après le rapport, les stocks tomberaient à 11 % si les importations de gaz naturel liquéfié restaient limitées. Ils tomberaient au même niveau si ces importations restaient à leur niveau « optimal » pendant un hiver rigoureux. Même dans un hiver de référence, établi à partir des prévisions de demande des gestionnaires de réseau, l'ENTSOG estime que les stocks tomberaient à 13 % au 31 mars 2027 si le GNL venait à manquer. Dans ce scénario, les livraisons russes par gazoduc sont réduites au minimum.

72 % au 1er octobre, le plus bas depuis 2011

Le point de départ explique ces chiffres. Les stocks européens étaient remplis à 72 % au 1er octobre, contre 83 % un an plus tôt. Pour cette période de l'année, c'est le niveau le plus bas depuis le début des relevés, en 2011.

La raison est commerciale. Les prix du gaz ont atteint leur plus haut niveau depuis près de quatre ans. Les négociants ont donc eu intérêt à vendre leur gaz pendant l'été plutôt qu'à le stocker pour l'hiver. Le marché a fait ce que lui dictaient les prix, et les stocks sont restés à moitié vides.

L'ENTSOG assure que les infrastructures européennes restent assez souples pour couvrir les besoins de l'hiver. Il pose toutefois une condition : maintenir d'importantes livraisons de GNL. Il recommande aussi de continuer à remplir les stocks au début de l'hiver. Si les pays veulent garder 30 % de leurs stocks à la fin de l'hiver, par prudence face à un éventuel coup de froid tardif, ils devront réduire leur consommation ou limiter les livraisons aux consommateurs. Selon le rapport, la baisse représenterait 7 % de la demande totale.

Un déficit de 14 milliards de mètres cubes

L'Institut américain d'économie de l'énergie et d'analyse financière (IEEFA) aboutit au même constat. Son rapport est cité par Politico. Selon lui, il pourrait manquer jusqu'à 14 milliards de mètres cubes de gaz à l'Union cet hiver, soit environ 7 % de ses besoins. Ce volume suffirait à alimenter 10 à 12 millions de foyers européens.

Les stocks ne seraient pas forcément vides. Il pourrait toutefois y manquer 7 milliards de mètres cubes. Les États membres devraient alors acheter du gaz au prix fort sur des marchés mondiaux de plus en plus instables, ou imposer des économies d'énergie. Selon l'IEEFA, si un hiver rigoureux arrive, l'Europe aura peu de moyens d'y faire face.

Les factures risquent aussi d'augmenter. Selon Politico, si aucune nouvelle source d'approvisionnement n'est trouvée, l'électricité deviendra plus chère et des mesures obligatoires d'économie d'énergie seront possibles.

Le GNL disputé entre l'Europe et l'Asie

L'Union compte donc sur le GNL, mais il devient plus difficile à obtenir. Ce gaz est transporté par méthanier puis remis à l'état gazeux à l'arrivée. Le rapport de l'ENTSOG souligne que le conflit au Moyen-Orient et les perturbations du trafic dans le détroit d'Ormuz réduisent la quantité de GNL disponible dans le monde. Ils renforcent aussi la concurrence entre l'Europe et l'Asie pour chaque cargaison.

Tous les pays de l'Union ne sont pas exposés de la même façon. Le directeur général de l'ENTSOG, Piotr Kuś, prévient que les pays sans accès à la mer d'Europe centrale, orientale et du Sud-Est pourraient avoir plus de mal à obtenir assez de GNL. Ces pays n'ont pas de terminal méthanier sur leur territoire.

L'interdiction du GNL russe en janvier

Les difficultés de l'Union viennent en grande partie de ses propres décisions. Depuis 2022, Bruxelles réduit pas à pas ses achats de gaz russe. Les gazoducs Nord Stream ont été sabotés en septembre 2022. Le transit par l'Ukraine s'est arrêté au 1er janvier 2025. Les scénarios de l'ENTSOG partent désormais d'un minimum de gaz russe par gazoduc.

L'étape suivante est prévue pour janvier. L'Union va interdire les contrats à long terme de GNL russe. Politico résume ainsi ce que cela pèse : « Dans le même temps, l'interdiction à venir à l'échelle de l'UE des contrats à long terme de GNL russe, qui entre en vigueur en janvier, accentue la pression. Selon le rapport de l'IEEFA, elle réduira encore de 7 milliards de mètres cubes les importations de gaz en Europe. »

Ces 7 milliards de mètres cubes s'ajoutent à un déficit déjà chiffré jusqu'à 14 milliards. L'Union s'en prive en plein hiver, au moment où ses stocks sont les plus bas. Selon l'ENTSOG, des stocks aussi bas rendraient aussi plus difficile leur remplissage pendant l'été 2027. L'hiver qui commence aura donc des conséquences sur le suivant.

Sources

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