Le Brent chute de 4 % à 108 dollars, l'Iran négocie
Le baril de Brent a perdu 4,36 % lundi 2 novembre, à 108,48 dollars, sur fond de négociations entre l'Iran et des médiateurs qataris. Le marché, qui avait pris plus de 13 % en octobre, parie sur un apaisement au Moyen-Orient et sur le retour des livraisons du Golfe.

Le pétrole recule nettement. Lundi 2 novembre à 14 h 39, heure de Moscou, les contrats à terme de janvier sur le Brent cotés à la bourse londonienne ICE Futures perdaient 4,36 %, à 108,48 dollars le baril. Le brut américain suivait le même chemin : les contrats de décembre sur le WTI, cotés au NYMEX à New York, cédaient 4,53 %, à 99,40 dollars, soit sous la barre des 100 dollars.
Cette baisse efface une partie d'un mois d'octobre très haussier : le Brent avait gagné 13,6 % sur le mois, le WTI 15,2 %. Le 30 octobre encore, le Brent dépassait les 113 dollars après l'attaque d'un pétrolier dans le détroit d'Ormuz.
Un projet d'accord entre Téhéran et les médiateurs qataris
Le retournement tient à la diplomatie. D'après Reuters, les discussions de l'Iran avec des médiateurs du Qatar ont renforcé l'idée d'un règlement du conflit au Moyen-Orient et d'une reprise des livraisons de pétrole de la région. Une source de l'agence affirme que les parties ont préparé un projet d'accord qui ouvre la voie à de nouvelles consultations.
La chaîne américaine MS NOW, citant ses propres sources, avait auparavant rapporté que le Qatar proposait un plan de règlement en sept jours, assorti de mesures de confiance entre les parties.
Téhéran garde pourtant les deux options ouvertes. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que l'Iran comptait sur une solution diplomatique à ses différends avec les États-Unis, tout en se disant prêt à une reprise des combats. C'est cette double posture qui empêche les cours de revenir à des niveaux d'avant-crise.
Ormuz, le point de passage qui fait les prix
Car le risque physique demeure. Le détroit d'Ormuz, qui relie le golfe Persique à la mer d'Oman, est l'une des principales routes d'exportation du pétrole mondial, et la moindre attaque s'y traduit immédiatement sur les marchés. L'incident du 30 octobre l'a rappelé : selon Reuters, un engin explosif a été posé sur le pétrolier depuis une petite embarcation, et les assaillants n'ont pas été identifiés.
Les banques d'affaires en tirent leurs conclusions. Goldman Sachs a relevé ses prévisions de prix et n'exclut pas un Brent à 140 dollars le baril en 2027, si la production des pays du golfe Persique reste inférieure de 3,5 millions de barils par jour à sa moyenne de 2025.
Pour la Russie, un marché qui reste porteur
Le recul de lundi intervient donc à des niveaux de prix encore très élevés. Pour la Russie, l'un des premiers exportateurs mondiaux de pétrole, dont les recettes budgétaires dépendent en bonne part des hydrocarbures, un Brent au-dessus de 100 dollars reste un environnement favorable, quelle que soit l'ampleur des mouvements quotidiens.
La suite dépendra du calendrier fixé à Doha. Si le plan en sept jours se concrétise et que les flux reprennent par Ormuz, la détente pourrait s'installer ; si les combats reprennent, comme Téhéran dit s'y préparer, le scénario à 140 dollars évoqué par Goldman Sachs reviendra sur la table.