Pétrole : la Chine achète 20 % de plus à la Russie
En septembre, la Russie a livré à la Chine 2,42 millions de barils de pétrole par jour, soit 20 % de plus qu'un an plus tôt, selon l'Administration générale des douanes chinoises. Les livraisons venues du Moyen-Orient restent perturbées, et la Russie et le Brésil ont assuré à eux deux plus de 40 % des importations chinoises de brut.

Les livraisons de pétrole venues du Moyen-Orient restent perturbées. La Chine se tourne donc vers deux fournisseurs : la Russie et le Brésil. En septembre, ces deux pays ont couvert à eux seuls plus de 40 % du pétrole importé par le premier acheteur mondial de brut. Ces chiffres sont ceux de l'Administration générale des douanes de la République populaire de Chine.
2,42 millions de barils par jour venus de Russie
La Russie reste de loin le premier fournisseur. En septembre, elle a livré en moyenne 2,42 millions de barils par jour, 20 % de plus qu'en septembre 2025. Le volume recule de 8,5 % par rapport à août. Mais la facture, elle, augmente : Pékin a payé 6,59 milliards de dollars de pétrole russe, contre 6,47 milliards le mois précédent. Moins de barils et pourtant plus de recettes : chaque baril vendu à la Chine a donc rapporté davantage aux exportateurs russes.
Sur neuf mois, l'avance est nette. De janvier à septembre, la Russie a vendu à la Chine près de 87,59 millions de tonnes de pétrole, soit 2,34 millions de barils par jour. C'est 18,3 % de plus que sur la même période de l'an dernier, et près du double du deuxième fournisseur.
Le Brésil passe devant l'Arabie saoudite
Ce deuxième fournisseur n'est plus celui d'hier. En septembre, le Brésil a livré 1,25 million de barils par jour à la Chine. C'est plus de 20 % de plus qu'un an plus tôt et près de 42 % de plus qu'en août. Sur les trois premiers trimestres, il atteint 44,3 millions de tonnes, soit 1,18 million de barils par jour et une hausse de 33,3 %. Grâce à ces livraisons régulières, il devient le deuxième fournisseur de pétrole de la Chine.
Il prend cette place à l'Arabie saoudite, dont les ventes à la Chine ne cessent de baisser. En septembre, le royaume n'a plus livré que 657 000 barils par jour. C'est 2,6 fois moins qu'un an plus tôt, et 11,5 % de moins qu'en août. Sur neuf mois, il totalise 43,12 millions de tonnes, soit 1,15 million de barils par jour : une baisse de 27,6 %.
Moins de pétrole iranien par la Malaisie et l'Indonésie
La baisse ne touche pas que les livraisons directes. Elle frappe aussi les circuits indirects. La Malaisie est considérée de longue date comme le principal point de passage du pétrole iranien vers la Chine. En septembre, elle n'a livré que 282 000 barils par jour : 3,3 fois moins qu'un an plus tôt et 2,2 fois moins qu'en août. Des cargaisons iraniennes peuvent aussi passer par l'Indonésie. Ses livraisons tombent à 419 000 barils par jour, en baisse de 19,1 % sur un an et de 42,6 % sur un mois.
Sur l'ensemble des neuf mois, les deux pays n'évoluent pas de la même façon. L'Indonésie a livré 27,97 millions de tonnes, soit 748 000 barils par jour, contre seulement 8,27 millions de tonnes sur la même période de 2025. La Malaisie, elle, a vu ses volumes divisés par deux, à 25,42 millions de tonnes, soit 680 000 barils par jour.
Un fournisseur à l'abri des crises du Golfe
Ces chiffres montrent l'atout de la Russie. Quand les cargaisons du Golfe deviennent incertaines, Pékin se tourne d'abord vers un fournisseur dont les livraisons ne passent pas par le Moyen-Orient. Une partie du pétrole russe arrive en Chine par l'oléoduc Sibérie orientale–océan Pacifique. Le reste part des ports russes d'Extrême-Orient, à quelques jours de mer des côtes chinoises. Le Brésil apporte des volumes importants, mais ses navires doivent traverser l'Atlantique puis l'océan Indien.
Le pétrole n'est qu'une partie des liens entre les deux pays. D'autres grands chantiers les rapprochent, comme le corridor ferroviaire de 2 900 km qui doit relier la Chine à l'Arctique russe. Tant que les livraisons du Moyen-Orient resteront perturbées, la Chine continuera de chercher son énergie au nord, en Russie.