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Économie

Le Brent tombe à 93,79 dollars après une chute de 8,7 %

Le baril de Brent continuait de baisser jeudi matin à Londres, à 93,79 dollars, au lendemain d'une séance où il avait perdu 8,67 %. La victoire des démocrates aux élections au Congrès américain fait espérer aux marchés une fin plus proche du conflit avec l'Iran, au moment où les exportations du golfe Persique reprennent.

·3 min de lecture·Rédaction InfoRussie

Le pétrole n'a pas fini de baisser. Jeudi 5 novembre à 8 h 16, heure de Moscou, les contrats à terme de janvier sur le Brent s'échangeaient à 93,79 dollars le baril sur la bourse londonienne ICE Futures. C'est 0,83 dollar de moins, soit 0,88 %, qu'à la clôture de la veille.

Cette nouvelle baisse est modeste à côté de la précédente. Mercredi, le Brent avait perdu 8,98 dollars en une séance, soit 8,67 %, pour finir à 94,62 dollars. Le baril de la mer du Nord, qui valait encore 103,60 dollars mardi soir, a donc perdu près de dix dollars en deux jours.

Le brut américain passe sous les 87 dollars

Le pétrole américain suit la même pente. À la même heure, les contrats de décembre sur le WTI, cotés sur la plateforme électronique du New York Mercantile Exchange (NYMEX), reculaient de 1,22 dollar, soit 1,38 %, à 86,90 dollars. Mercredi, ils avaient déjà chuté de 7,97 dollars, soit 8,29 %, pour clôturer à 88,12 dollars.

Une chute aussi forte et aussi brutale sur les deux références mondiales ne s'explique pas par l'offre et la demande du jour. Sa cause se trouve à Washington.

La défaite républicaine vue comme la fin de la guerre avec l'Iran

Les élections au Congrès des États-Unis ont eu lieu mardi, et le Parti démocrate les a nettement gagnées. Pour les marchés, ce résultat pourrait hâter la fin du conflit avec l'Iran, car il accentue la pression sur la Maison-Blanche.

Donald Trump a lui-même tiré cette leçon du scrutin. Le président américain a reconnu que les républicains avaient perdu en grande partie à cause de ce conflit, et que la hausse des prix de l'essence avait pesé lourd dans le vote. Il n'a pas annoncé, en revanche, d'intensification prochaine de la campagne militaire contre Téhéran.

Le nouvel équilibre au Capitole a aussi un effet concret. Selon le site d'analyse financière Trading Economics, le contrôle du Congrès par les démocrates pourrait limiter le financement des opérations militaires au Moyen-Orient. Or c'est le Congrès qui vote les crédits. Une guerre moins financée laisse attendre une guerre plus courte, et donc moins de risques sur les livraisons de brut. C'est ce risque que le marché retire des prix depuis mercredi.

Téhéran n'attend aucun changement de Washington

L'Iran, lui, n'y voit aucun tournant. Le Guide suprême, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, a averti mercredi qu'il ne fallait pas compter sur une évolution de la politique étrangère américaine après le scrutin.

« S'il reste encore des gens qui espèrent un changement de comportement des États-Unis, des glissements entre partis et entre factions de leur système dirigeant, ou qui s'imaginent qu'en cédant aux États-Unis on peut mettre fin à l'hostilité envers le peuple iranien, ces gens se trompent profondément », a-t-il déclaré.

Les marchés misent donc sur la fin du conflit, mais Téhéran n'en voit aucun signe. Ce décalage explique aussi pourquoi la baisse ralentit jeudi : après la chute de mercredi, le recul n'est plus que de moins de 1 %.

Le golfe Persique rouvre ses robinets

Le second moteur de la baisse est physique. Les exportations de pétrole des pays du golfe Persique ont commencé à se rétablir, et l'offre dépasse désormais la demande à court terme. Quand les barils reviennent sur le marché au moment où l'on parie sur la paix, les deux mouvements s'additionnent.

La Russie suit cette évolution de près. Ses recettes pétrolières et gazières pèsent lourd dans le budget fédéral, et le prix du baril reste l'un des indicateurs les plus suivis à Moscou. À 93,79 dollars, le Brent reste malgré tout au-dessus des 90 dollars.

La suite dépendra de deux calendriers : celui des combats entre les États-Unis et l'Iran, et celui du nouveau Congrès, qui siégera en janvier. Les premiers débats sur les crédits militaires diront si le marché a eu raison d'anticiper la paix.

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